Le blog de othmane

Ce blog se veut un espace de tolérance,de discussion et de réflexion autour de ce qui préoccupe l'humanité.

05 mars 2006

Lorsque les politiciens rappent

criminal_manne_squatting
Piet Hein Donner, ministre de la justice dans le gouvernement de Sa majesté la reine des pays-bas vient de se mettre au rap pour expliquer sa politique en matière de drogue.
Dans son morceau intitulé « De Don »,littérallement le patron, son excellence monsieur le ministre entame son show par un très classique « Yeah!Yeah! », exactement comme ça se doit pour un rappeur qui se respecte.
« Ici, c'est Donner de la justice qui parle.Jette la dope car des Pays-bas accro je n'en veut pas » dit la chanson qui selon de nombreux observateurs a tous les ingrédients susceptibles de la propulser aux premières positions du box .
Loin d'être un geste anodin, la sortie artistique du patron de la justice néerlendaise est un geste politique savamment calculé.
En effet, Donner connu pour être l'un des opposants les plus farouches de la réglementation du cannabis
riposte à un geste similaire,entrepris il y a à peine quelques semaines par son adversaire politique, le maire de Maastricht auteur de « C'est la dope Mec!! ».
En Hollande, les politiciens ont apparemment dépassé le stade embryonnaire de joutes oratoires pour s'adonner à un show politique hors pair.
Au Maroc premier exportateur mondial de cannabis et pays organiquement lié aux Pays-bas,voir un Bouzoubâa monter sur scène concurrencer les Hoba Hoba Spirit, ça releverait du rêve.
En maintenant le degré zéro en matière de communication, les politiciens au Maroc font tout pour écarter les masses des débats publiques.(Aherdane le zayegh haraki n'a t-il pas qualifié dernièrement ces masses de « mouches votantes »).
Poussons le délire jusqu'à l'extrême et imaginons à quoi ressemblerait un Abass Fassi chantant des berouals de Melhoune ou un Yazghi répétant des chansons de Marcel Khalifa ou même un Kadiri en Mersaoui.
Voilà un tuyau pour nos pseudo-boites de communication à l'approche du prochain rendez-vous éléctoral.
Non loin des pays-bas, Silvio Berlusconi, ancien patron de l'AC Milan promu premier ministre vient d'annoncer en direct sur une chaîne privée italienne qu'il a composé une chanson en hommage aux « beaux yeux bleus » de Tania Zamparo, miss italia 2000.
Le chauve au compte bien garni et au sourire latin, aurait bien saisi depuis longtemps que la politique est, avant tout, un show interminable.
A bon entendeur Salut.

NB: Le texte de ma chronique hebdomadaire sur "Le courrier du Nord"

Posté par boumaalif à 17:51 - Opinions - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    lorsque les politiciens font "lhalka"

    nos politiciens n'ont pas besoin de rapper ou de chanter, par contre je les vois bien (à l'approche des élections)se réserver une place à jamaa el fna pour faire "lhalka" certains sont de bons orateurs et d'autres de bons acrobates. Avec ce nouveau concept "made in morroco" je pense qu'ils vont pouvoir réussir a faire passer le message (car ils ont le pouvoir), à faire applaudir les ignorants qui les entourent et à ramasser quelques "voix" pour assurer la continuité.

    Posté par hbenbrahim, 05 mars 2006 à 18:16
  • Pas de politique sans rap

    Chez nous c'est grave, puisque ont est dans l'obscurité, on connais même pas ce qui se passe au parlement et se qui tourne derrière.
    Pour moi on a besoin des rappeurs pour nous communiquer les secrets des parlementaires, afin d'avoir une visibilité plus claire sur ces derniers et sur notre politique qui s'aggrave jour après jour.

    Posté par Naoufal Kerboute, 10 mars 2006 à 12:22

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